Régime cétogène et cancer : retour d’expérience

Quelle place pour le régime cétogène, pauvre en glucides, dans le traitement du cancer ? Réponses avec Magali Walkowicz, diététicienne-nutritionniste, auteure de Céto-Cuisine et Le compteur de glucides

 

Publié par LaNutrition.fr – Thierry Souccar – Mercredi 27 Janvier 2016

 

m_magali

 

LaNutrition.fr : Qui vous consulte ?

 

Magali Walkowicz : Le régime cétogène fait de plus en plus d’adeptes. Pour l’essentiel, des patients ayant eu un diagnostic de cancer mais pas seulement. Certaines personnes souhaitent simplement optimiser leur santé en le suivant. J’ai maintenant une patientèle dans toute la France mais aussi au Canada, en Suisse et en Belgique. J’ai dû m’adapter et proposer des consultations via Skype et Facetime.

 

Ce sont généralement des personnes « informées », qui ont lu des livres, des articles de presse qui parlent du régime cétogène ou qui connaissent quelqu’un qui suit ce régime. Car côté professionnels de santé, le régime a encore du chemin à faire. Il n’est tout simplement pas connu. Certains oncologues ou médecins traitants communiquent avec moi dans la prise en charge de patients que nous avons en commun. C’est un vrai plus dans l’accompagnement thérapeutique. Des oncologues me sollicitent directement. Mais tout cela ça reste marginal. Depuis quelque temps, j’ai des professionnels de santé en tant que patients, y compris des médecins. Il me semble donc que les choses commencent à bouger.

 

⇒Lire : Le régime cétogène est encore trop peu connu des malades

 

Quels résultats constatez-vous ?

 

Les résultats sont généralement positifs. L’expérience me montre que lors d’un cancer, très souvent, la progression des tumeurs est soit en régression, soit stoppée, soit ralentie, par rapport à avant la mise en place du régime. Certains patients qui avaient dû arrêter leurs traitements car ils ne les supportaient plus ont pu à nouveau les reprendre après avoir suivi le régime cétogène. Mais les résultats ne sont pas égaux pour tous. Il n’y a généralement aucune carence. Il faut bien sûr pour cela que le régime soit cadré par un professionnel qui le maîtrise et qui a une bonne connaissance de la pathologie pour laquelle le régime est mis en place. Les effets secondaires des traitements classiques sont souvent diminués. Je fais certaines adaptations au régime, au cas par cas pour les jours qui entourent les chimiothérapies afin de minimiser le plus possible les effets indésirables. Le regain d’énergie est impressionnant. Beaucoup arrivent à refaire du sport ou à travailler en même temps que les traitements alors qu’ils étaient en arrêt jusque-là.

 

Des effets indésirables ?

 

Je continue à constater qu’il y a une exagération des symptômes d’allergie, de douleurs chroniques, lors de la mise en cétose, mais ils disparaissent après. Définitivement selon certains patients. Je n’ai pas réussi à échanger sur ce point avec d’autres praticiens. Je n’ai pas non plus trouvé d’études qui mentionnent cela. C’est juste un retour d’expérience. Certains diététiciens mettent le régime cétogène en place par l’intermédiaire d’un logiciel, en respectant le ratio énergétique des repas du Programme national nutrition santé (PNNS). Du coup, c’est très difficile à suivre. Un exemple : au lieu de mettre par exemple 100 g de viande ou poisson à un repas, il y en a 20 g au petit-déjeuner, 40 g au déjeuner et au dîner. Ce type de découpage s’applique à toutes les composantes. Cela rend l’alimentation frustrante, fatigante à mettre en place. L’alimentation elle-même devient indésirable inutilement. Inutilement car on peut faire autrement et avoir une alimentation au contraire très savoureuse. En somme à chaque patient, sa répartition.

 

Le régime cétogène peut-il être suivi seul, hors traitement, en cas de diagnostic de cancer ?

 

Non. Le régime ne peut être dissocié des traitements classiques. C’est la réunion des deux qui fonctionne et je le rappelle sans arrêt aux patients. Beaucoup croient se soigner juste comme ça. Je n’y crois pas du tout. Je vois des patients qui arrivent très affaiblis, avec une dénutrition grave, due au jeûne drastique ou à des diètes à base de jus et à une absence totale de traitement. Là c’est difficile de remonter leur statut nutritionnel. Il existe des « professionnels » qui prônent d’autres méthodes de soin et incitent les patients à stopper les traitements classiques et même à stopper les examens de contrôle. Cela est très dommageable. Le résultat sur le long terme est catastrophique, et c’est difficile ensuite de convaincre les patients de s’y remettre. Je ne dis pas qu’il faut tout accepter les yeux fermés mais tout rejeter est dangereux, et je le vois. Ce qu’il faut, c’est s’informer, questionner pour bien saisir le rôle de chaque action thérapeutique mise en place. Certains disent qu’être patient est un métier. Il y a du vrai là-dedans. Autre point qu’il me paraît important de rappeler : ne pas mettre le régime cétogène en place seul, car il doit respecter les besoins de l’organisme, qui diffèrent d’une personne à l’autre et qui peuvent être modifiés dans le cadre de certaines pathologies et notamment du cancer.

2 réponses à Régime cétogène et cancer : retour d’expérience

  1. Bonjour,
    Je cherche un spécialiste proche de chez moi (92 – Clamart) pour m’aider à mettre en place un régime cétogène… trop difficile à mettre en place toute seule.
    Je souffre d’un cancer du pancréas (depuis 2012) avec métastases péritonéales (depuis 2013). Merci par avance pour votre retour.