Le cancer selon Darwin, et autres petites informations…

Le Hors-série Mai-juin 2018 du magazine bimestriel “Pour la Science”, édition française de “Scientific American”, disponible ce mois-ci dans toutes les librairies, fait un focus sur “l’arsenal des nouvelles thérapies” pour soigner le cancer. Au delà des informations sur les pistes de types immunothérapies ou épithérapies dont on comprend que malgré les recherches et les avancées en la matière, rien n’est encore démontré et surtout rien n’empêche les chiffres du cancer de stagner, plusieurs informations piochées dans les divers articles ont retenu notre attention :

 

1- Dans l’article “Le cancer selon Darwin” , deux chercheurs français montrent les problématiques liées aux chimiothérapies, qu’elles soient intenses ou légères. Ils confirment que, dans les deux cas, elles ne guérissent pas ; et pire dans le cas de la chimio forte, “en tuant toutes les cellules sensibles, (elle) retire les compétiteurs des cellules résistantes, qui elles ne sont pas tuées. Le malade ira rapidement mieux, car la quantité de cellules cancéreuses aura diminué, mais ce répit sera de courte durée : plus rien n’empêche les cellules résistantes de proliférer”. A l’appui, un schéma particulièrement éloquent…

 

 

2- Dans “La face cachée du dépistage”, les risques de surtraitement, concernant particulièrement les cancers du sein et de la prostate sont analysés. Et l’on redécouvre que les progrès réalisés dans la capacité à détecter précocement des cancers a entraîné la mise en place de traitements parfois très invasifs et handicapants (incontinence, impuissance…) qui n’auraient pas été nécessaires, la maladie n’évoluant jamais ou extrêmement lentement. A l’appui, une étude australienne sur le cancer du sein dans laquelle “les épidémiologistes concluent que le surtraitement concerne 50% des cas” étudiés. 

 

 

3- Enfin dans l’article “De l’importance de rester en contact”, l’auteur, Jean Pascal Capp, chercheur au laboratoire d’ingénierie des systèmes biologiques et des procédés, remet en cause l’origine génétique du cancer et la “révolution génomique” qui a suivi : “l’approche génétique a montré ses limites et il est plus que temps d’aborder cette maladie sous un autre angle”. Mais évidemment “il s’agit d’un renversement complet de perspective” qui va forcément entraîner “un coup dur pour les thérapies ciblées contre des altérations génétiques spécifiques”. Il affirme ainsi qu’une tumeur surviendrait lorsqu’une perturbation (ndlr : inflammation?) fait perdre aux cellules le contact avec leur environnement et que rétablir ce contact pourrait normaliser les cellules cancéreuses.

 

Il rejoint en cela Mireille Gettler-Summa, chercheur au Ceremade qui, dans une interview à la fin du magazine, prétend que “les spécialistes doivent changer d’approche et diversifier les principes thérapeutiques. Celui consistant à tuer à tout prix les cellules tumorales (chimiothérapies, radiothérapies, chirurgie…) a fait son temps. On pourrait essayer une autre voie, où l’on tenterait cette fois de guérir les cellules anormales, plutôt que de les éliminer”. Comme le fait le traitement métabolique… ?


Il semblerait donc bien que les choses avancent petit à petit…

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